Arianna Savall
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Peiwoh

Arianna Savall
voz, arpa triple, arpa gótica, arpa celta y bol tibetano
Petter Johansen
voz y haringfele,
Ferran Savall
voz y tiorba
Javier Mas
guitarra acústica de 12 cuerdas y laúd
Mario Mas
guitarra española, Bjørn Kjellemyr contrabajo
Dimitri Psonis
santur, buzuki y lira de Creta
Pedro Estevan, David Mayoral
percusiones

Peiwoh
 
PEIWOH

1. Preghiera
Letra: San Francisco de Asís · Música: Arianna Savall

2. El llenguatge dels ocells
Letra: David Escamilla · Música: Arianna Savall

3. Liebes-Lied
Letra: Rainer Maria Rilke · Música: Arianna Savall

4. She Moved Through The Fair
Letra y música: Tradicional irlandesa / Arreglo: Arianna Savall

5. Suite Celta
Música: Tradicional / Arreglo: Arianna Savall

6. Canción de la muerte pequeña
Letra: Federico García Lorca · Música: Arianna Savall

7. Aurora
Música: Arianna Savall

8. Si tornes
Letra: Miquel Martí i Pol · Música: Arianna Savall

9. Harpa e delirio d’água
Letra: Aurelino Costa · Música: Arianna Savall

10. Anima Nostra
Letra: Anónimo · Música: Arianna Savall

11. Peiwoh
Música: Arianna Savall

12. Adoucit la Mélodie
Letra: Rûmî · Música: Arianna Savall

13. Naonunai
Letra y música: Arianna Savall

14. La Musica callada
Letra: San Juan de la Cruz · Música: Arianna Savall

15. Corazón: muere o canta
Letra: Juan Ramón Jiménez · Música: Arianna Savall

BONUS TRACK
16. Anima Nostra a 2

 

PEIWOH

Il y a longtemps, en Orient, est née la harpe, un arc, cinq cordes et des mains pour la caresser… La Perse, l’Egypte, la Grèce, la culture celte et le monde asiatique en sont les berceaux. Dans le conte taoïste de Peiwoh, nous vivons le mystère de l’art comme un processus magique, ce qui nous explique que déjà, en des temps reculés, la création artistique se vivait comme un acte sacré. Dans cette métaphore de la harpe, nous voyons que chacun d’entre nous, peut se transformer en arbre pour devenir une harpe, pour être un instrument et faire que la musique comble notre corps et notre âme. Dans la philosophie Zen, la sensation de vide est fondamentale pour pouvoir nous remplir à nouveau des choses de la vie. Pour inspirer un air nouveau, nous devons expirer tout l’air que nous avons gardé, de telle façon que, en nous vidant, comme le fait le harpiste Peiwoh, nous pouvons nous remplir d’un air nouveau, d’une musique qui coulera à travers nous, comme si nous étions les cordes de la harpe, vibrant avec le souffle léger du vent, nous transformant en une harpe éolienne, la harpe de vent.

Peiwoh prend son inspiration dans diverses traditions qui m'ont aidée à créer et donner voix à mon monde musical. Parmi les sources auxquelles je me suis le plus abreuvée, se trouvent la musique ancienne et l'art de l'improvisation qui sont des sources infinies. Dès que j'ai commencé à faire des chansons, l'idée de m'accompagner à la harpe triple est devenue pour moi chaque fois plus évidente. La profondeur et la subtilité de la harpe baroque italienne m'ont fascinée; Sa sonorité enveloppante est très particulière et se différencie de toute autre harpe, car tout en étant de l'époque baroque, elle possède des possibilités chromatiques et sonores très modernes et très riches qui s'adaptent parfaitement à l'esprit de mes chansons et accompagnent la voix légèrement sans jamais la couvrir. Il y a aussi des moments où l'on entend une petite harpe gothique, aux sonorités chaleureuses, lointaines quoique directes, mais la plus archaïque d'entre elles, est une harpe celte aux sons magiques et ancestraux. Je remercie Rainer Thurau et Franz Reschenhofer pour leur grande capacité créatrice car ils m'ont offert la possibilité de partager avec ces merveilleux instruments de nouveaux chemins et de nouvelles expériences. Une autre de mes sources d'inspiration intense a été la musique traditionnelle, si proche de la musique ancienne. Et je ne peux bien sûr pas oublier le long apprentissage du monde classique et romantique qui ont fait partie de mes premières années d'études.

Dans Peiwoh, apparaissent différentes langues, diverses couleurs et sonorités que j’ai pu entendre lorsque j’étais enfant, quand je vivais en Suisse chez mes parents, entourée d’amis et de musiciens, et en chacune de ces langues, s’exprime et s’identifie une partie de moi-même. Chaque langue a son rythme, sa mélodie modulée de façon différente et insuffle l’inspiration au caractère et au style de la chanson. La poésie est l’une des bases essentielles de ce chemin musical. Merci à David Escamilla pour m’avoir fait découvrir la poésie et la légende de Peiwoh dans le Jardi de silencis (Jardin des Silences).

Peiwoh nous conduit à un processus de maturation qui a pu parfois être douloureux et dramatique : la vie abrite en elle-même « des petites morts », comme je le chante dans le poème de Lorca, Canción de la muerte pequeña. Juan Ramon Jiménez nous explique dans son aussi bref qu’intense poème Corazón, muere o canta que la musique et la vie peuvent dominer la peur et donner du courage pour continuer le chemin, comme si le fait de sentir la mort de près nous rendaient conscients de la vie et de ses possibilités infinies. Et de loin nous arrivent les échos d’une « musique taiseuse » une musique pratiquement imperceptible, qui en une nuit profonde se fond avec la nature, et alors la musique embrasse le silence et ils s’aiment comme des amants.

L’instrumentation que j’utilise dans Peiwoh est basée sur trois éléments importants qui entament un dialogue et apportent des couleurs et des atmosphères différentes. L’un des éléments fondamentaux et essentiels de la culture méditerranéenne est le rythme. La percussion a été, depuis toujours, une partie inséparable de la musique et de la poésie, de même que la harpe, et la combinaison de ces deux instruments opposés mais compagnons inséparables, vient de très loin. Je remercie Pedro et David d’être de merveilleux créateurs d’atmosphères et de paysages qui nous font rêver. Je remercie Manuel Mohino pour avoir su capter ces atmosphères, ces paysages, ces rythmes, ces mélodies, ces sons et ces silences avec tant de naturel et tant de beauté.

D’autres éléments sont les cordes pincées et frottées. Il y a différentes guitares, la majorité avec des cordes métalliques, comme la guitare acoustique et le santur (un psaltérion perse) qui se fondent avec le son de la harpe, créant un tapis sonore beau et riche en harmoniques. Le hardingfele est un violon traditionnel norvégien d’origine très ancienne, avec des cordes sympathiques et que je perçois comme une autre voix, une voix presque humaine qui flotte subtilement entre la harpe et le chant. Par son rythme, la contrebasse donne son contrepoint à la harpe et apporte une profondeur vibrante et expressive. Merci à vous tous, Javier, Dimitri, Mario, Petter et Bjørn pour votre engagement et votre infinie créativité.

Le dernier élément, le plus éthéré de tous, est la voix. Dès les origines de la musique, la voix et la harpe ont été unies et ont parcouru un long chemin, à travers des époques différentes et des styles divers... Ce sont deux choses presque inséparables, comme le corps et l’âme et leur façon de s’accompagner implique une autre manière de chanter, peut-être plus intimiste, plus près de l’instrument et des paroles. Les voix de Petter et de Ferran sont très différentes, mais quand nous chantons tous les trois ensemble, dans Preghiera et Naonunai, il se crée une harmonie, une complicité et des émotions intenses, fruit de vécus partagés. Merci Petter et Ferran pour votre tendresse et votre sens de la beauté.

ARIANNA SAVALL
Bellaterra, 8 mars 2009

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